Visa Non-Lucratif — Espagne
En un coup d'œil
| Critère | Détail |
|---|---|
| Type | Visa long séjour / Autorisation de résidence sans activité lucrative |
| Durée initiale | 1 an |
| Travail autorisé | Non (ni en Espagne, ni à distance) |
| Famille incluse | Oui (conjoint + enfants à charge) |
| Chemin vers résidence permanente | 5 ans de résidence légale continue |
| Chemin vers citoyenneté | 10 ans (2 ans pour ibéro-américains) |
| Délai de traitement | 1 – 3 mois |
| Frais consulaires | ~73 EUR (~79 USD) |
Pour qui ?
Le Visa Non-Lucratif (Visado de Residencia No Lucrativa) s'adresse aux personnes qui souhaitent vivre en Espagne sans exercer d'activité professionnelle ou commerciale sur le territoire espagnol. Il est particulièrement adapté aux profils suivants :
- Retraités bénéficiant d'une pension étrangère suffisante ;
- Rentiers vivant de revenus du capital (dividendes, loyers, intérêts) ;
- Pré-retraités disposant d'un patrimoine ou de revenus passifs importants ;
- Conjoints d'expatriés souhaitant rejoindre leur partenaire sans travailler ;
- Personnes souhaitant profiter du cadre de vie espagnol tout en vivant de leurs économies.
Attention : ce visa n'autorise aucun travail, y compris le télétravail à distance. Si vous souhaitez conserver une activité professionnelle en travaillant à distance, le Visa Nomade Digital est plus approprié.
Conditions d'éligibilité
1. Revenus passifs suffisants
C'est le critère central. Vous devez prouver disposer de revenus réguliers et stables sans travailler en Espagne. Le seuil de référence est l'IPREM (Indicateur Public de Revenus à Effets Multiples).
| Composition du foyer | Revenu mensuel minimum (2025) |
|---|---|
| Personne seule | 400 % IPREM ≈ 2 400 EUR/mois (~2 600 USD) |
| +1 dépendant (conjoint) | +100 % IPREM ≈ +600 EUR/mois |
| +1 enfant à charge | +100 % IPREM ≈ +600 EUR/mois |
| Famille de 4 | ~4 200 EUR/mois (~4 550 USD) |
Ces seuils correspondent aux ressources mensuelles moyennes. Les consulats vérifient généralement les 12 derniers mois et exigent que les fonds soient réguliers (pas uniquement un capital ponctuel). Certains consulats acceptent une combinaison de revenus passifs + épargne disponible.
2. Assurance santé privée
Vous devez souscrire à une assurance santé privée auprès d'une compagnie agréée en Espagne, sans franchise (copago), couvrant l'intégralité du territoire espagnol. La couverture doit être valable pour toute la durée du visa.
Exemples de compagnies acceptées : Adeslas, Asisa, Sanitas, DKV, AXA Salud.
Coût estimé : 600 – 2 000 EUR/an selon l'âge et le niveau de couverture.
3. Logement en Espagne
Justifier d'un logement disponible pour toute la durée du visa : bail enregistré, titre de propriété, ou engagement de location signé.
4. Absence d'antécédents judiciaires
Casier judiciaire vierge (5 dernières années) délivré par votre pays de résidence actuel et, le cas échéant, votre pays de nationalité, apostillé et traduit en espagnol par un traducteur assermenté.
5. Bonne santé
Certificat médical attestant l'absence de maladies contagieuses pouvant constituer un risque de santé publique (selon le règlement sanitaire international de l'OMS).
Étapes de la demande
1. Préparation du dossier
Rassemblez les documents suivants :
- Passeport valide (+ 1 an minimum) avec copie de toutes les pages utilisées ;
- Formulaire national de visa (formulaire de demande de visa) dûment rempli et signé ;
- 2 photos d'identité récentes (format biométrique) ;
- Justificatifs de revenus : relevés bancaires des 6 à 12 derniers mois, relevés de pension, attestations de dividendes, contrats de location de biens, relevés de portefeuilles d'investissement… ;
- Assurance santé : police d'assurance (en espagnol ou traduite) avec attestation de couverture ;
- Casier judiciaire apostillé + traduction assermentée ;
- Certificat médical selon modèle consulaire ;
- Justificatif de logement en Espagne ;
- Le cas échéant : acte de mariage + actes de naissance des enfants (apostillés + traduits).
2. Dépôt au consulat
Prenez rendez-vous au consulat espagnol de votre pays de résidence. Le dossier doit être déposé en personne dans la plupart des consulats.
3. Délai d'instruction
Le délai légal est de 3 mois, mais en pratique beaucoup de consulats répondent en 1 à 2 mois. Certains consulats (notamment Bruxelles, Paris, Montréal) peuvent être plus lents en haute saison.
4. Arrivée en Espagne et TIE
Dans les 30 jours suivant votre arrivée en Espagne :
- Inscrivez-vous au padrón municipal à la mairie de votre commune ;
- Déposez votre demande de TIE (Tarjeta de Identidad de Extranjero — carte de séjour biométrique) à la Oficina de Extranjería ou à la police nationale (Comisaría) de votre ville.
5. Renouvellements
- 1er renouvellement : +2 ans, soit 3 ans au total. Conditions identiques (revenus, assurance) ;
- 2e renouvellement : +2 ans supplémentaires, soit 5 ans au total ;
- Après 5 ans de résidence légale continue : éligibilité à la Residencia de Larga Duración (résidence permanente UE, permettant de travailler en Espagne).
Coûts détaillés
| Poste | Montant estimé |
|---|---|
| Frais de visa consulaire | ~73 EUR (~79 USD) |
| TIE (carte de séjour biométrique) | ~12 EUR (~13 USD) |
| Apostilles (casier, actes d'état civil) | 20 – 80 EUR |
| Traductions assermentées | 100 – 400 EUR |
| Certificat médical (clinique privée) | 50 – 150 EUR |
| Assurance santé (par an, 1 adulte) | 600 – 2 000 EUR |
| Honoraires avocat / gestoria (optionnel) | 500 – 1 500 EUR |
| Total 1ère année estimé | ~1 400 – 4 300 EUR |
Avantages
- Simplicité administrative : dossier relativement standardisé, pas de critères liés à l'emploi ou à la création d'entreprise ;
- Accès à l'espace Schengen : liberté de circulation dans les 26 pays Schengen ;
- Qualité de vie : l'Espagne offre un cadre de vie exceptionnel — soleil, gastronomie, culture, soins médicaux de qualité ;
- Coût de la vie raisonnable : inférieur à la France, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, notamment dans les villes moyennes (Valence, Séville, Alicante) ;
- Scolarisation des enfants dans le système public espagnol gratuit ;
- Chemin vers la résidence permanente après 5 ans, puis vers la citoyenneté après 10 ans (2 ans pour les ibéro-américains) ;
- Pas de contrainte d'emploi : idéal pour les personnes qui souhaitent prendre leur temps pour s'intégrer.
Points d'attention
- Interdiction de travailler : toute activité lucrative, y compris le télétravail et le freelance, est interdite. Une infraction peut entraîner le retrait du visa et une interdiction de séjour.
- Résidence effective obligatoire : vous devez résider effectivement en Espagne pour conserver votre statut et progresser vers la résidence permanente. Des absences prolongées (> 6 mois par an) peuvent remettre en cause la continuité de la résidence.
- Implications fiscales : dès 183 jours en Espagne, vous devenez résident fiscal espagnol et devez déclarer vos revenus mondiaux à l'AEAT. Consultez un asesor fiscal avant votre installation — l'Espagne a des conventions fiscales avec de nombreux pays, mais la situation peut être complexe (notamment pour les pensions de fonctionnaires étrangers).
- Modelo 720 : les résidents fiscaux espagnols doivent déclarer leurs avoirs à l'étranger dépassant 50 000 EUR (biens immobiliers, comptes bancaires, valeurs mobilières) via le Modelo 720. Le non-respect de cette obligation est fortement sanctionné.
- Renouvellement conditionnel : à chaque renouvellement, vous devez justifier que vous remplissez toujours les conditions (revenus, assurance, logement, absence d'antécédents).
FAQ
Ce visa est-il adapté aux retraités français ? Oui, c'est l'une des options les plus utilisées par les retraités français. La pension de retraite française est un revenu passif accepté. Attention à la convention fiscale franco-espagnole : certaines pensions restent imposables en France même si vous résidez en Espagne.
Puis-je ouvrir un compte bancaire espagnol avec ce visa ? Oui. Avec votre TIE, vous pouvez ouvrir un compte dans n'importe quelle banque espagnole.
Mon conjoint peut-il travailler en Espagne ? Non, le visa non-lucratif inclut les membres de la famille mais leur interdit également toute activité lucrative. Pour que votre conjoint puisse travailler, il doit obtenir un visa de travail séparé ou, après 5 ans, la résidence permanente.
Puis-je faire des allers-retours vers mon pays d'origine ? Oui, mais veillez à maintenir votre résidence principale en Espagne (présence effective ≥ 6 mois/an) pour ne pas perdre la continuité nécessaire à la résidence permanente et éviter des complications fiscales.
Quelle est la différence avec le Golden Visa (visa investisseur) ? Le Golden Visa requiert un investissement immobilier d'au moins 500 000 EUR (programme actuellement suspendu depuis début 2024 pour le secteur résidentiel). Le visa non-lucratif repose sur des revenus passifs, sans investissement minimum.
Les revenus locatifs de biens en France comptent-ils ? Oui, les revenus de loyers perçus à l'étranger sont des revenus passifs acceptables pour justifier le visa, à condition de les documenter correctement (déclarations fiscales, relevés de compte).
Source officielle : exteriores.gob.es
⚠️ Informations basées sur la réglementation 2024-2025. Les seuils IPREM sont révisés annuellement. Vérifiez sur exteriores.gob.es ou inclusion.gob.es avant toute démarche. Consultez un abogado de extranjería et un asesor fiscal agréé.