Profils de candidats en 2026 : qui veut partir, et pour aller où
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Profils de candidats en 2026 : qui veut partir, et pour aller où

OS

Équipe OpenShores

24 mars 2026

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Profils de candidats en 2026 : qui veut partir, et pour aller où

Qui sont les personnes qui envisagent de s'expatrier en 2026 ? Quelles sont leurs motivations, leurs profils démographiques, leurs destinations de prédilection ? S'appuyant sur les dernières enquêtes internationales et les données des plateformes de mobilité, cet article dresse un portrait détaillé des candidats à l'expatriation et des tendances qui se dessinent.

Démographie des candidats : un profil qui se diversifie

L'âge : le cœur de cible s'élargit

Historiquement, les 25-35 ans constituaient l'essentiel des candidats à l'expatriation. En 2026, le profil s'est considérablement diversifié :

  • 25-34 ans : toujours le groupe le plus nombreux (38 % des candidats), motivé par les opportunités de carrière et la découverte.
  • 35-44 ans : en forte croissance (28 %), souvent des professionnels expérimentés cherchant un meilleur équilibre vie professionnelle/vie personnelle.
  • 45-55 ans : segment émergent (18 %), porté par le travail à distance et les projets de semi-retraite à l'étranger.
  • 55 ans et plus : 16 % des candidats, un chiffre en hausse de 40 % par rapport à 2020, reflétant la tendance des « retraités actifs » cherchant un cadre de vie amélioré.

Le genre : vers la parité

En 2026, les femmes représentent 46 % des candidats à l'expatriation professionnelle, contre 39 % en 2015. Cette évolution reflète à la fois la progression des femmes dans les carrières internationales et la montée des métiers du numérique, où la mobilité est plus accessible indépendamment du genre.

Le niveau d'éducation

Le profil éducatif des candidats s'est polarisé :

  • 52 % détiennent un diplôme de niveau master ou supérieur.
  • 31 % ont un diplôme de licence/bachelor.
  • 17 % ont un niveau inférieur, principalement dans les métiers en tension (construction, santé, agriculture).

Cette polarisation reflète la dualité des besoins des pays d'accueil : des talents hautement qualifiés pour l'innovation et des travailleurs qualifiés pour les métiers essentiels.

Les motivations : au-delà du salaire

Le classement des motivations en 2026

Selon l'enquête Decoding Global Talent 2025 du BCG (150 000 répondants dans 188 pays), les motivations des candidats à l'expatriation se classent comme suit :

1. Qualité de vie (67 %) La recherche d'une meilleure qualité de vie est la première motivation, englobant sécurité, climat, accès à la nature, rythme de vie et bien-être général. Ce facteur a gagné 12 points depuis 2018, reflet d'une tendance de fond post-pandémique.

2. Opportunités de carrière (54 %) L'accès à de meilleures opportunités professionnelles reste un moteur puissant, mais il a été dépassé par la qualité de vie. Ce renversement, observé pour la première fois en 2023, marque un changement de paradigme.

3. Rémunération (48 %) Le salaire reste important mais n'est plus le facteur dominant. Les candidats raisonnent de plus en plus en « package global » (salaire + coût de la vie + fiscalité + avantages) plutôt qu'en salaire brut.

4. Sécurité et stabilité (42 %) En hausse significative depuis 2020, ce facteur est particulièrement important pour les candidats originaires de régions instables (Amérique latine, Moyen-Orient, certaines régions d'Afrique).

5. Éducation des enfants (38 %) Pour les parents (qui représentent 55 % des candidats de 30-45 ans), la qualité du système éducatif est un facteur déterminant dans le choix de la destination.

6. Système de santé (35 %) La pandémie a renforcé l'importance de l'accès à un système de santé performant et abordable.

7. Ouverture et tolérance (29 %) Ce facteur est en hausse régulière et particulièrement important pour les candidats issus de minorités ou de la communauté LGBTQ+.

Les destinations préférées en 2026

Le top 10 mondial

Les destinations les plus attractives pour les talents internationaux en 2026, selon les principales enquêtes :

  1. Canada : premier choix mondial pour la 5e année consécutive. Attractivité portée par la politique d'ouverture, la qualité de vie et les opportunités tech.
  2. Australie : stabilité, climat, salaires élevés et environnement naturel exceptionnel.
  3. Émirats arabes unis : fiscalité, modernité des infrastructures et connectivité mondiale.
  4. Royaume-Uni : malgré le Brexit, Londres reste un aimant pour la finance et la tech.
  5. Allemagne : puissance industrielle, salaires compétitifs et qualité de vie.
  6. Singapour : hub asiatique par excellence, attractif pour la finance et la tech.
  7. Portugal : qualité de vie, coût relatif et écosystème startup en croissance.
  8. Nouvelle-Zélande : cadre de vie exceptionnel et équilibre travail-vie personnelle.
  9. Pays-Bas : écosystème international, tolérance et qualité de vie.
  10. Suisse : salaires parmi les plus élevés au monde et stabilité.

Les mouvements notables

En hausse :

  • L'Uruguay attire de plus en plus de professionnels sud-américains cherchant la stabilité.
  • La Géorgie séduit les travailleurs à distance européens par son coût de vie et sa simplicité administrative.
  • L'Estonie confirme son positionnement de hub numérique.
  • Maurice progresse comme destination pour les professionnels africains et indiens.

En recul :

  • Les États-Unis perdent en attractivité relative, pénalisés par la complexité du système de visas, les tensions politiques et le coût de la santé.
  • Hong Kong a perdu une partie de son attractivité suite aux changements politiques.

Les profils par secteur

Tech et numérique

  • Volume : représentent environ 22 % des candidats qualifiés à l'expatriation.
  • Destinations préférées : Canada (Toronto, Vancouver), États-Unis (si visa obtenu), Allemagne (Berlin), Émirats (Dubaï), Portugal (Lisbonne).
  • Spécificité : forte sensibilité à l'écosystème startup et aux communautés tech locales.
  • Tendance : montée du « tech nomadisme » — travailler pour une entreprise d'un pays tout en résidant dans un autre.

Santé

  • Volume : environ 15 % des candidats, en forte croissance.
  • Destinations préférées : Royaume-Uni, Canada, Australie, Allemagne, Émirats arabes unis.
  • Spécificité : la reconnaissance des qualifications et les conditions de travail sont les facteurs déterminants.
  • Pays source principaux : Inde, Philippines, Nigéria, Égypte.

Finance et consulting

  • Volume : environ 12 % des candidats.
  • Destinations préférées : Singapour, Émirats, Royaume-Uni, Suisse, Luxembourg.
  • Spécificité : forte sensibilité à la fiscalité et à la rémunération.

Ingénierie et industrie

  • Volume : environ 14 % des candidats.
  • Destinations préférées : Allemagne, Canada, Australie, Corée du Sud.
  • Spécificité : la demande est tirée par les transitions énergétique et numérique.

Recherche et enseignement supérieur

  • Volume : environ 8 % des candidats.
  • Destinations préférées : États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Suisse, Pays-Bas.
  • Spécificité : l'excellence des institutions de recherche et la liberté académique sont les critères principaux.

Les attentes vis-à-vis des pays d'accueil

Ce que les candidats attendent des gouvernements

Les enquêtes révèlent des attentes précises :

  • Transparence des processus (82 %) : des critères clairs, des délais connus, un suivi en ligne.
  • Rapidité (76 %) : un traitement en moins de 3 mois est considéré comme acceptable ; au-delà de 6 mois, la frustration monte fortement.
  • Accès au marché du travail pour le conjoint (71 %) : facteur critique pour les couples.
  • Chemin vers la résidence permanente (68 %) : les candidats veulent savoir dès le départ comment obtenir un statut durable.
  • Reconnaissance des qualifications (65 %) : pouvoir exercer son métier rapidement après l'arrivée.
  • Information en anglais (61 %) : même dans les pays non anglophones, l'information en anglais est attendue au minimum pendant le processus de visa.

Implications pour les gouvernements

Adapter l'offre à la demande

Les gouvernements qui alignent leurs programmes sur les profils et motivations réels des candidats obtiennent de meilleurs résultats. Cela implique de :

  • Segmenter les programmes par profil (jeunes diplômés, professionnels expérimentés, entrepreneurs, retraités actifs).
  • Communiquer sur la qualité de vie, pas seulement sur les opportunités économiques.
  • Simplifier les processus pour les profils les plus convoités (fast-track tech, santé, recherche).
  • Proposer des packages familiaux intégrant conjoint et enfants.

Anticiper les évolutions

Les tendances de fond — vieillissement des candidats, montée de la qualité de vie comme critère dominant, diversification des corridors — ne sont pas conjoncturelles. Les gouvernements qui anticipent ces évolutions dans la conception de leurs programmes disposeront d'un avantage durable.

Conclusion

Le portrait des candidats à l'expatriation en 2026 révèle une population plus diverse, plus exigeante et plus informée que jamais. Les gouvernements qui sauront comprendre ces profils et adapter leurs programmes en conséquence capteront les talents dont leurs économies ont besoin. Ceux qui resteront figés dans des modèles dépassés verront ces talents choisir d'autres destinations.

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